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20 juillet 2026

Tout ce qu’il faut savoir sur l’efficacité énergétique

En juin 2026, la Chaire de gestion du secteur de l’énergie de HEC Montréal a publié l’étude « Portrait de l’industrie de l’efficacité énergétique au Québec », réalisée pour le Conseil québécois des entreprises en efficacité énergétique (CQ3E) pour mieux comprendre ce secteur. Des conclusions intéressantes peuvent en être tirées pour les PME, tous secteurs confondus. On vous les résume.

« L’efficacité énergétique désigne l’efficacité avec laquelle l’énergie est utilisée pour un objectif donné. Elle vise à fournir un niveau de service similaire (ou meilleur) au moyen d’une consommation d’énergie moindre (CCIE, 2025). »

En gros : obtenir autant sinon plus de résultats avec moins de kWh d’énergie, sous quelconque forme (électricité, gaz naturel, propane, pétrole, etc).

Ça peut prendre différentes formes dans une entreprise :

  • Efficacité énergétique active : interventions pour automatiser les usages énergétiques et ainsi réduire le gaspillage
  • Équipements plus performants : équipements qui consomment moins d’énergie pour le même service rendu, par exemple pour le chauffage, la ventilation, l’éclairage ou la climatisation
  • Efficacité énergétique passive : amélioration de l’enveloppe du bâtiment ou d’un équipement industriel et de son isolation pour réduire les besoins énergétiques

La moitié de la consommation d’énergie au Québec provient directement des entreprises : 14% est consommée par les bâtiments commerciaux et institutionnels, et 36% par les activités industrielles (HEC Montréal, 2024).

Même si l’efficacité énergétique au Québec s’améliore (par exemple, il y a eu une amélioration de 22% dans le secteur des bâtiments commerciaux et institutionnels depuis 2000), il y a encore beaucoup de potentiel. L’intensité énergétique au Québec est beaucoup plus élevée que celle de la majorité des autres pays de l’OCDE. Et avec la croissance de la consommation des équipements auxiliaires et de la surface bâtie, il n’y a eu aucune réduction nette de la consommation dans les 20 dernières années.

Pourquoi est-ce un problème? L’énergie au Québec n’est-elle pas déjà renouvelable et décarbonée?  

Bien que notre hydroélectricité soit renouvelable et à très faible empreinte carbone, il y a une limite à la capacité de production de nos centrales. Cela devient un problème lorsque :
– la demande surpasse l’offre, surtout en période de grand froid (la « pointe »), et qu’on doit importer de l’électricité d’ailleurs pour répondre aux besoins – une électricité souvent beaucoup plus coûteuse et à plus grande empreinte carbone ;
– on prévoit une hausse de la demande importante dans plusieurs secteurs, notamment face à la transition énergétique (ou électrification), c’est-à-dire pour alimenter des équipements ou des bâtiments qui utilisaient précédemment des sources d’énergie fossile à l’électricité.  

La construction de nouvelles centrales hydroélectriques ou d’autres actifs dédiés à la gestion de pointe aurait un coût important, tant sur les finances d’Hydro-Québec que sur le plan environnemental, par exemple en devant détruire des habitats naturels. Et ce coût finit par être payé par tout le monde, via une hausse tôt ou tard des tarifs.  

Nous avons donc tous, citoyens et entreprises, intérêt à éviter l’augmentation de notre consommation énergétique collective.

Le potentiel de réduction par des mesures d’efficacité énergétique est substantiel pour beaucoup d’entreprises. En moyenne, il serait évalué aux niveaux suivants :

  • -20,7% pour la consommation d’électricité et -46% pour la consommation de gaz naturel dans les bâtiments commerciaux et institutionnels
  • -17,4% pour la consommation d’électricité et -29% pour la consommation de gaz naturel dans les usages industriels des PME

Le rapport identifie plusieurs co-bénéfices de l’efficacité énergétique à l’échelle de la société, qui se répercutent aussi sur l’ensemble des entreprises :

  • Moins de nouvelles infrastructures énergétiques à construire, donc moins de hausses tarifaires à long terme ;
  • Meilleure compétitivité par la réduction des coûts énergétiques ;
  • Meilleure gestion des périodes de pointe, donc moins de surplus tarifaires à ces périodes ;
  • Empreinte carbone de la consommation énergétique réduite et réduction des risques climatiques associés ;
  • Meilleure autonomie énergétique au Québec par la réduction des importations ;
  • Contribution au développement économique, et tous les bénéfices associés : 1$ investi en efficacité énergétique génère de 4$ à 7$ de PIB (Clean Energy Canada & Dunsky, 2018) ;
  • Meilleure résilience du système énergétique, donc moins de pannes ;
  • Meilleure productivité énergétique.

Pour les entreprises individuellement, nous ajouterons que l’investissement dans l’efficacité énergétique peut générer une panoplie d’autres bénéfices à court terme :

  • Une réduction de la facture énergétique ;
  • Une plus grande compétitivité sur certains marchés par la démonstration d’une prise d’action tangible pour réduire l’empreinte carbone ;
  • Dans certains cas, une meilleure productivité des équipements, comme plusieurs technologies d’efficacité énergétique améliorent aussi l’efficacité générale des procédés par l’automatisation et la réduction du gaspillage ;
  • Dans certains cas, des périodes de maintenance plus courtes et moins fréquentes.

Au Québec, de nombreux programmes d’aide financière existent pour les entreprises. Les principaux, en date de publication du rapport, sont les suivants (liens cliquables) :

Selon une analyse du programme ÉcoPerformance du Gouvernement du Québec, les projets de réduction de la consommation énergétique qui faisaient partie du programme se sont réalisés pour moins de 2,27¢/kWh pour la moitié des projets, et moins de 12¢/kWh pour 98% des projets, soit la valeur équivalente de l’énergie supplémentaire à fournir par Hydro-Québec à long terme si elle n’était pas ainsi évitée. La société y est donc gagnante.

Pour les entreprises qui s’y mettent, en moyenne, les projets soutenus par le programme ÉcoPerformance reçoivent une aide financière à hauteur de 46% des coûts admissibles, ce qui porte leur période de retour sur investissement à 5,9 ans. Et ce, sans même compter d’autres sources de financement (comme elles peuvent être cumulables) et les économies générées pour l’entreprise – le retour peut donc être beaucoup plus rapide dans les faits.

Consulter le rapport complet de la Chaire de gestion du secteur de l’énergie HEC Montréal
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Caroline Tremblay
Chargée de projet IMPACT

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