Le programme On tourne vert, lancé en 2021 par le Bureau du Cinéma et de la Télévision du Québec (BCTQ), le Conseil québécois des événements écoresponsables et Québécor, est aujourd’hui un incontournable dans l’industrie audiovisuelle du Québec. Grâce à ses nombreux outils, formations et ressources adaptés, de nombreux plateaux de tournage et studios d’effets visuels et d’animation ont mis en place des pratiques pour décarboner leurs activités et réduire leur impact environnemental de façon plus globale.
Le programme offre également une accréditation en trois niveaux pour reconnaître et promouvoir les productions audiovisuelles qui adoptent ces meilleures pratiques. En date de l’hiver 2026, c’était plus de 250 productions au Québec qui l’avaient reçue.
Pour l’équipe On tourne vert, une question cruciale demeurait toutefois : est-ce que l’adoption de ces pratiques écoresponsables affecte le budget des productions, et si oui comment? En mars 2026, l’Étude de l’impact des mesures écoresponsables sur les budgets des productions audiovisuelles, soutenue entre autres par IMPACT, paraît pour y répondre directement.
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Un total de 14 productions audiovisuelles, dont huit productions accréditées par On tourne vert et six productions dites conventionnelles, sont analysées. D’une part, les rapports de coûts détaillés sont scrutés attentivement, et d’autre part, des entretiens sont menés avec les équipes pour mieux comprendre les décisions terrain et les coûts indirects.
Conclusion générale : la mise en place d’actions écoresponsables a un impact globalement neutre sur les budgets, avec une marge plausible de ± 0,25%, soit ± 11 250 $ en moyenne pour les budgets étudiés.*
Comment ça se manifeste concrètement :
Toutes dépenses agrégées, les productions écoresponsables réalisent de légères économies (environ 1,5% en moins ou 67 500 $ pour une production moyenne de 4,5 millions $).
Dans les détails, il s’agit d’un équilibrage entre certains postes qui réalisent des économies et d’autres qui font face à des coûts additionnels pour certains bien et services, variant d’une production à l’autre selon les choix de production et l’infrastructure disponible.
Les coûts de main d’œuvre et d’administration tendent toutefois à être un peu plus élevés, un coût de l’écoresponsabilité souvent intangible mais important à planifier et considérer, comme une charge de travail additionnelle peut s’ajouter pour se conformer à l’accréditation (preuves, suivi, dossiers, calcul carbone, micro-tâches).
Les pratiques écoresponsables les plus facilement implantées sont celles qui sont tout à fait pragmatiques, surtout lorsque les ressources et échéanciers sont serrés : de nombreuses décisions qui visent une optimisation contribuent également à la décarbonation des productions, comme la réduction des achats, la diminution du gaspillage et la simplification logistique.
Ce qui permet d’aller plus loin, constaté dans l’étude : le rôle déterminant d’une ressource dédiée à la « coordination verte ». Ce rôle rend la décarbonation faisable, cohérente et durable pour l’équipe, en évitant la surcharge, en maintenant le momentum dans les changements d’habitudes, et en soutenant la priorité accordée aux suivis nécessaires.
*L’étude présente plusieurs limites, notamment un échantillon relativement faible (14 productions) et de nombreuses variables qui peuvent influencer les coûts réels de production, par exemple la taille de l’équipe, le type de production, le nombre de jours de tournage, etc. Ainsi, les résultats peuvent varier d’un cas à l’autre.





